| Comment les intempéries révèlent les faiblesses de la politique énergétique |
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| Langue française - Sciences et techniques | |||
| Écrit par Bertrand Lemaire | |||
| Mardi, 30 Décembre 2008 21:57 | |||
Encore de nombreux foyers (et même la prison de Mont-de-Marsan) ont été privés d'électricité suite aux récentes intempéries. Ce n'est pas la première fois, ce ne sera pas la dernière et c'est même tout sauf exceptionnel. Si, en ce moment, le sujet fait la une des journaux, ce n'est guère que parce que l'ampleur du phénomène est... annuelle. Comme les journalistes le disent, ce sujet est un « marronnier » et il revient donc tous les ans. Est-ce pour autant inévitable ?Bien sûr, des personnes prévoyantes ou habituées disposent de groupes électrogènes et ne subissent donc pas de coupures électriques véritables. C'est même obligatoire dans certains cas (hôpitaux...). Cette solution apportée au problème récurrent est le symbole même du problème : la centralisation de la production électrique, marque de la politique énergétique de la plupart des pays développés. Cette centralisation implique une distribution à grande distance, donc l'usage d'un réseau de distribution d'autant plus fragile qu'il est long. En France, cette centralisation est même maximale puisqu'on y fabrique des centrales nucléaires. Or de telles centrales sont nécessairement énormes, tant pour des raisons techniques que financières. Sans oublier, bien sûr, les considérations de sécurité nationale. La fragilité de la mise à disposition de l'énergie électrique est donc également maximale. Il faut cependant admettre que la centralisation a du bon, lorsque tout va bien : c'est simple pour l'utilisateur, parfaitement adapté à l'habitat urbain, le maillage du réseau permet d'équilibrer les consommations et les productions à grande échelle dans une logique de mutualisation, logique qui permet également des économies d'échelle... Mais la production de masse de l'énergie a aussi son corollaire : la nécessité de recourir aux énergies « sales », du thermique polluant (charbon, pétrole...) au nucléaire. Toutes les tentatives de production centralisée d'énergie propre se sont révélées à long terme être des échecs, au moins sur le plan économique. Il est vrai que la logique de la production centralisée de masse est celle du bon vieux capitalisme et c'est la raison pour laquelle ce modèle s'est imposé. Cette logique, c'est celle d'acteurs toujours plus gros (et finalement nationalisés dans beaucoup de pays, dont la France) produisant toujours plus en cherchant à faire sans cesse de nouvelles économies d'échelle, donc à accroître encore leur taille et leur production. Or qui dit production de masse dit uniformisation, standardisation, de la production. Ce principe est contraire au modèle de l'énergie propre qui est issue du milieu où elle est produite, donc adaptée à des milieux précis. Les méthodes de production sont donc autant variées qu'il y a de milieux et de situations. Inversons maintenant les termes du problème et admettons que nous disposons d'un système de production décentralisé, c'est à dire à l'échelle soit individuelle soit de petite collectivité (immeuble, quartier, village...). Le premier problème à résoudre est bien sûr de disposer d'une source de production fiable. Nous y reviendrons. Le deuxième, connexe, est de faire en sorte que cette production soit strictement conforme aux besoins puisqu'il n'y a plus mutualisation à grande échelle, avec compensation entre périodes de forte consommation des uns et des autres. A l'inverse, la décentralisation amène un certain nombre d'avantages. D'abord, bien entendu, la quasi-suppression du problème de la construction et de l'entretien du réseau de distribution, donc la fin de la fragilité de la distribution face aux aléas notamment climatiques. Surtout, le principal avantage est la capacité d'adopter une forme (ou plusieurs) adaptées à la situation, donc avec la possibilité d'utiliser de l'énergie verte. De plus, les acteurs étant plus petits et dispersés, la concurrence peut être réellement établi, au delà de l'illusion de concurrence produite par le système du courtage sans production propre (Poweo, DirectEnergie, etc.). Enfin, il devient possible de stocker l'énergie, notamment sous forme chimique dans des piles à combustibles, chose inconcevable à grande échelle. Ajouter les technologies de production énergétique vertes décentralisées à la pile à combustible permettrait probablement de résoudre à peu près tous nos problèmes énergétiques domestiques et en grande partie industriels. Il reste que les outils nécessaires ne sont pas tous parfaitement au point techniquement, même si le succès est proche. Il restera alors à vaincre les grands groupes industriels et les cliques (comme les ingénieurs du nucléaire en France) qui se verront dépossédés de leur pouvoir énergétique...
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Encore de nombreux foyers (et même la prison de Mont-de-Marsan) ont été privés d'électricité suite aux récentes intempéries. Ce n'est pas la première fois, ce ne sera pas la dernière et c'est même tout sauf exceptionnel. Si, en ce moment, le sujet fait la une des journaux, ce n'est guère que parce que l'ampleur du phénomène est... annuelle. Comme les journalistes le disent, ce sujet est un « marronnier » et il revient donc tous les ans. Est-ce pour autant inévitable ?