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La crise des "Subprimes" est un révélateur de la mauvaise gestion des titres de créance. Et, surtout, de la mauvaise gestion des risques.
La crise des "subprimes", c'est le début de l'éclatement de la bulle spéculative immobilière. Ses dégâts risquent d'être considérables et ils sont déjà énormes. Mais cette crise révèle avant tout les dysfonctionnements de la gestion des engagements par les banques. Malgré la nouvelle gouvernance de Bâle II. Une bulle spéculative, quand ça fait boum, ça fait boum Revenons tout d'abord à l'origine des problèmes : la dette des particuliers achetant leurs logements aux Etats-Unis. Le mouvement spéculatif immobilier a fait croitre les prix au delà de la capacité financière des acquéreurs potentiels. Normalement, cela aurait dû aboutir à une baisse des prix pour assurer une adéquation offre/demande. Au lieu de cela, les banques ont mis en place des "prêts pourris", c'est à dire des prêts qui dépassaient de loin les capacités des ménages emprunteurs à rembourser. Les ménages acceptaient parce que les échéances étaient progressives (très légères au début) et que la montée continue des prix permettait de se refinancer régulièrement en "complétant" l'hypothèque garantissant le prêt initial. Ainsi, non seulement les prix ne chutaient pas mais tout le monde avait intérêt à ce qu'ils continuent de monter. Jusqu'au jour où le système s'est grippé... Lorsque les capacités d'endettement (ou plutôt de remboursement) ont été dépassées, même en ayant recours aux bidouillages, le caractère artificiel de la bulle s'est révélé au plein jour. Oui, mais ce n'est pas tout. Les organismes de crédit immobilier ont été eux-mêmes financés par des établissements bancaires qui ont, à leur tour, titrisé ces créances au travers de multiples fonds et les créances pourries ont donc commencé à se balader derrière un enchainement de rideaux de fumée. La nouvelle gouvernance Bâle II prise en défaut Pour éviter les mises en difficulté d'établissements financiers et optimiser les garanties en fonds propres (la matière première bancaire), les banques se sont entendues avec les organismes régulateurs (notamment européens) autour des seconds accords de Bâle (dits Bâle II). Bâle II impose un suivi très strict des risques liés aux engagements. Les obligations ont été prises en compte progressivement dans les systèmes informatiques bancaires et l'échéance du 1er janvier 2008 a donc été purement symbolique.La crise des subprimes est-elle donc le révélateur des manquements de Bâle II ou bien une escroquerie planétaire ayant abusé les systèmes informatiques bancaires ? Bien qu'il soit délicat de trancher d'une manière générale, il semblerait bien que les obligations techniques aient été remplies : le risque était formellement suivi. Mais l'estimation du risque était totalement inadéquate alors même que Bâle II impose des audits sur les risques. Et c'est là où l'on voit que Bâle II est insuffisant bien qu'il soit difficile d'envisager une solution réglementaire. La faiblesse de Bâle II, c'est le contrôle effectifs et raisonné du risque alors même que les nouveaux outils financiers (produits dérives, titrisations enchaînées...) ont pratiquement pour objet de dissimuler ou de noyer le risque... Cherchons marabout pour exorciser les créances A cela s'ajoute les hypothèses rationnelles de gestion des risques. Par exemple, il est admis que, dans un pays comme la France, le taux de perte sur les créances garanties par un bien immobilier est de l'ordre de quelques pour-mille. Rien n'est prévu pour une situation ou, brutalement, ce taux passerait à quelques pour-cent. Or la croissance importante des prix, surtout exprimés en portions de pouvoir d'achat, ne peut qu'entraîner des difficultés de plus en plus importantes, ce qui est visiblement négligé. Et ce même si, en France, les ménages n'utilisent pas (ou peu) les outils financiers complexes si fréquents aux Etats-Unis. Bref, le risque est trop vu comme une abstraction mathématique, pas assez comme une réalité opérationnelle en lien avec les réalités économiques quotidiennes, en contradiction avec toutes les règles les plus élémentaires que tous les banquiers et tous les assureurs apprennent à l'école...
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